Maîtriser la broderie machine et le marquage.
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Industrie marocaine 2026 : quels secteurs dominent et lesquels s'essoufflent ?

Bank Al-Maghrib relève un taux d'utilisation des capacités à 78 % en juin 2026 dans l'industrie marocaine. La mécanique-métallurgie tire à 87 %, la chimie à 78 %, l'agroalimentaire stagne à 72 %.

Gabin Tariel, Technicien d'atelier et testeur de parc machines · mis à jour 10 août 2026

Industrie marocaine 2026 : quels secteurs dominent et lesquels s'essoufflent ?

Le textile et cuir décroche: production en recul, TUC à 76 %, ventes qui ne bougent pas, carnets sous la normale. Pour les ateliers de broderie et de marquage qui flèchent le textile national ou travaillent en sous-traitance, ce signal de contraction mérite d'être pris au sérieux.

Ce que disent les chiffres

L'enquête mensuelle de conjoncture publiée par Bank Al-Maghrib et relayée par Hespress trace une photographie nette du mois de juin 2026. Sur l'ensemble du manufacturier, 31 % des industriels déclarent une hausse de production contre 28 % une baisse, soit un solde de +3 points. Les ventes font mieux: solde de +8 points. Les commandes reculent légèrement (-1 point) et les carnets restent à -14 points, en dessous du niveau normal.

Trois branches se détachent:

  • Mécanique et métallurgie: production en hausse, TUC à 87 %, ventes et commandes orientées favorablement, carnets jugés normaux.
  • Chimie et parachimie: production et ventes progressent sur le marché domestique et à l'export, TUC à 78 %, mais carnets sous la normale et commandes en repli.
  • Agroalimentaire: production stable, TUC à 72 %, ventes dopées par l'export, commandes en hausse, carnets revenus à un niveau normal.

Le textile et cuir, branche à problème

C'est le point qui concerne directement l'atelier. Le textile et cuir voit sa production reculer, son TUC plafonne à 76 %, les ventes stagnent et les commandes dimininent dans la plupart des sous-branches. Les carnets restent inférieurs à la normale. Pas d'effondrement brutal, mais une contraction continue.

Concrètement pour un atelier de broderie industrielle ou de marquage textile qui alimente ce segment: volumes de commande qui se tassent, délais de paiement qui risquent de s'allonger chez les donneurs d'ordre textile, pression sur les prix au mètre point. Quand le carnet du client se vide, le nôtre suit avec un décalage de deux à trois mois.

Ce qu'il faut surveiller

Trois indicateurs à garder en tête pour les prochains mois:

1. Évolution du TUC textile et cuir sur les enquêtes suivantes. Sous 75 %, on entre en zone de sous-charge structurelle.

2. Orientation des commandes export. Si l'export maintient les ventes de l'agroalimentaire et de la mécanique, il ne porte plus le textile — signe que la demande européenne ou africaine se déplace.

3. Solde des carnets à -14 points au global. Tant qu'il ne repasse pas positif, les investissements machine restent risqués côté textile pur.

À l'atelier, le réflexe immédiat: diversifier les supports. Le marquage sur pièces mécaniques, sur supports techniques, sur packaging rigide ne dépend pas du cycle textile. Calibrer ses flux de production sur les branches qui tirent — mécanique, chimie, agro — plutôt que sur le seul vêtement est devenu un choix de gestion, pas une option.