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Impact des tarifs douaniers américains sur la production textile montréalaise

Selon Noovo Info, les fabricants textiles montréalais se préparent à une nouvelle série de droits de douane américains qui peut faire sauter l’équilibre déjà tendu de la production locale.

Impact des tarifs douaniers américains sur la production textile montréalaise

Pour l’atelier de personnalisation, le sujet n’est pas diplomatique: un surcoût sur un vêtement, une botte ou un composant finit par remonter dans le prix marqué, brodé ou expédié. Quand la marge est réglée au point près, absorber 50 % n’est plus un ajustement. C’est une rupture de cadence.

Le seuil d’absorption est déjà dépassé

Greg Nicoghisian, vice-président des ventes mondiales de Pajar, explique que son entreprise peut absorber deux à cinq points de pourcentage. À 10 %, 15 %, et dans le cas évoqué de 50 %, le coût n’est plus tenable.

Pajar fabrique encore une partie de ses vêtements d’hiver à Montréal. Dans le quartier du Plateau, des ouvriers cousent à la main des bottes destinées aux marchés canadien et américain. Cette production locale, rare selon le dirigeant, se retrouve directement exposée si les nouveaux droits entrent en vigueur dans moins de 30 jours.

Le diagnostic est net: une fabrication à forte main-d’œuvre ne se recalibre pas comme une ligne automatisée. Impossible de compenser instantanément un tarif par un gain de vitesse, une réduction de consommation fil ou un meilleur placement de cadre. Si le coût d’entrée grimpe brutalement, il faut rogner la marge, relever le tarif client ou réduire le volume. Trois options. Aucune ne crée de capacité.

Pour le marquage, contrôler le coût complet avant le prochain devis

Les professionnels du textile personnalisé qui vendent vers les États-Unis doivent reprendre leurs chiffrages sans attendre. Pas seulement le prix du blank. Contrôler l’ensemble de la chaîne: vêtement, transport, consommables, pose, broderie, finition et expédition.

À vérifier sur les commandes en cours:

  • isoler les références fabriquées au Canada et destinées au marché américain;
  • séparer le coût matière du coût de personnalisation dans chaque devis;
  • repérer les productions qui dépendent d’un faible volume et d’un temps machine élevé;
  • verrouiller la validité des prix avec le client avant lancement;
  • ne pas promettre un réassort au même tarif sans recalcul.

La broderie ne protège pas d’un choc douanier. Elle ajoute même une contrainte: une pièce déjà brodée devient difficile à réaffecter, à retourner en stock ou à basculer sur un autre marché. Plus le logo est spécifique, plus l’erreur de prévision coûte cher.

L’ACEUM ne suffit plus comme repère de sécurité

Les industriels québécois concernés s’appuyaient jusqu’ici sur l’ACEUM, l’accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Pajar y voyait une zone de confort pour produire et exporter vers les États-Unis. Cette sécurité est désormais remise en question, selon l’entreprise.

Noovo Info rapporte également les inquiétudes de la Fédération des chambres de commerce du Québec sur les investissements, le PIB et l’emploi manufacturier. Pour notre secteur, le signal à surveiller est plus opérationnel: disponibilité réelle des produits, révision des grilles tarifaires et maintien des capacités locales de confection.

Verdict: ne pas attendre la facture douanière pour recalibrer les devis export. Une marge non mesurée devient une perte.